Laboratoire Espace Cerveau / station 2
Lancement le jeudi 21 janvier 2010
Avec la participation de
Elisa Brune, écrivain (romancière, essayiste) et journaliste scientifique,
Denis Cerclet, anthropologue, maître de conférences, Université Lumière Lyon 2,
Axel Cleeremans, directeur de Recherches au Fonds de la Recherche Scientifique - FNRS (Belgique) et Professeur de Psychologie Cognitive à l’Université Libre
de Bruxelles, il dirige
l’Unité de Recherche Conscience, Cognition & Computation.
Arnauld Pierre, historien de l’art, professeur à l’Université Paris IV-Sorbonne,
Pascal Pique, Directeur du département « Art contemporain et diffusion régionale » aux Abattoirs, Musée d’art moderne et Centre d’art contemporain à Toulouse,
et commissaire
de l’exposition NéoFutur en 2008
Jean-Louis Poitevin, docteur en philosophie, écrivain et critique d’art
Container
Structure de stockage et architecture de chantier, le container a la place, ici,
d’un atelier « in progress », métaphorique du Laboratoire espace cerveau.
Il sert de bureau d’études pendant toute la durée du laboratoire, en en restituant
au fur et à mesure les différentes étapes au public, sous forme de documentation
et d’archives (enregistrement de journées d’études, accès au blog, publication…)
et peut également permettre l’apparition ponctuelle d’oeuvres à l’étude.
Œuvre à l’étude
RICHARD VENLET, né en 1964
en Australie. Vit et travaille à Bruxelles.
Sans titre, 2001
Ampoule (500 W) sur laquelle sont
inscrites
les dimensions de l’espace
d’exposition. édition de 3
Conférence de Jean-Pierre Luminet
Art, Science et Imagination géométrique
Entrée libre / Auditorium à 19h
Né en 1951, Jean-Pierre Luminet est astrophysicien, directeur de recherche
au CNRS, membre du Laboratoire Univers et Théories (LUTH) de l’Observatoire
de Paris-Meudon. Spécialiste des trous noirs, de la cosmologie et de la topologie
de l’espace, il a obtenu en 2007 le prix européen de la communication scientifique.
Il est également écrivain et poète, pratique la musique et les arts plastiques.
Publications récentes
Bonnes nouvelles des étoiles avec Elisa Brune, Odile Jacob, Paris, 2009
Le destin de l’univers : trous noirs et énergie sombre,
Fayard/Le temps des Sciences, Paris, 2006
L’Univers chiffonné, Fayard, Paris, 2001 (éd. rev. et augm. 2004)
Laboratoire Espace Cerveau / station 1
Du 19 juin au 16 août 2009
Enregistrements de la conférence à télécharger :
LaboratoireEspaceCerveau - Station1_part01.mp3 (8.2mo)
LaboratoireEspaceCerveau - Station1_part02.mp3 (10.0mo)
Avec la participation de
- Elisa Brune : Ecrivain (romancière, essayiste) et journaliste scientifique
- Denis Cerclet : Anthropologue, maître de conférences, Universite Lumière Lyon 2
- Arnauld Pierre : Historien de l’art, professeur à l’Université Paris IV Sorbonne
- Jean-Louis Poitevin : Docteur en philosophie, écrivain et critique d’art
- Pascal Rousseau : Historien de l’art et commissaire d’exposition, maître
de conférences à l’Université François Rabelais de Tours
Présentation du Laboratoire
Le principe du laboratoire espace cerveau est né de constats mutuels.
Depuis les années 80, Ann Veronica Janssens explore de multiples approches
de la perception, de l’espace, confrontant perte de repères et sensations de réel.
Elle fait appel aux compétences de spécialistes plutôt scientifiques, afin d’élaborer
de façon volontairement intuitive des zones de sensibilité et d’acuité. Aujourd’hui,
au vu de l’accélération des données scientifiques, Ann Veronica Janssens a choisi
de mettre l’accent sur l’expérimentation par la mise en œuvre d’un immense « chantier » d’investigations et de prototypes.
Après de nombreuses expositions consacrées à des artistes comme
Rodney Graham, Carsten Höller, ou des expositions collectives telles que
Maisons-Cerveaux (1995) et Subréel (2002), cristallisant chacune à leur manière
des questions d’espace et de perception, Nathalie Ergino tente d’évaluer l’enjeu artistique de ces différentes propositions. En apparente filiation avec les approches des années 50-70, ces démarches sont pourtant différentes, déjà de par leur inscription temporelle dans une époque à la fois d’application (cybernétique, électronique..) et de recherche scientifique accrue. Peut-on encore désigner l’inconscient comme outil potentiel
du réel, peut-on avancer aujourd’hui la notion
de « perception critique » ?
En effet, les recherches scientifiques actuelles renouvellent notre approche
de l’espace et de son articulation avec le cerveau. Des avancées neurophysiologiques aux découvertes physiques (physique quantique, théorie
des cordes, nanosciences…), l’appréhension du monde a basculé de l’espace euclidien vers
un espace encore indéterminé, en mutation. Si depuis toujours,
en passant par
la Renaissance perspectiviste, la pensée spatialise et construit
le monde, peut-on encore parler aujourd’hui de sa représentation ?
Comment le fait politique peut-il alors se renouveler ? Que deviennent les enjeux
de l’art ?
Ce projet se propose d’explorer l’extension cognitive et phénoménologique
de la pensée, à travers notamment la considération du « corps en acte(1)»
comme élément constitutif du monde. Il prend ainsi pour hypothèse de dépasser
les traditionnelles dualités, et les conditionnements qu’elles recèlent :
objectivité / subjectivité, conscient / inconscient, centralité / décentrement,
matérialité / immatérialité …
Plutôt que d’envisager les relations du cerveau à l’espace, ce Laboratoire entend prendre appui sur l’espace même. D’une part comme possible synonyme du fait artistique, d’autre part comme extension de l’œil, du cerveau et du corps. McLuhan(2) évoquait cette extension au niveau planétaire, « c’est son système nerveux central
lui-même que l’homme jette comme un filet sur l’ensemble du globe dont il fait ici
un immense cerveau vivant ». Pourquoi ne pas imaginer à présent
le cosmos comme un cerveau ? L’art pourrait constituer un mode opératoire, intuitif
et mobile, susceptible de relier recherches neuroscientifiques et physiques-astrophysiques.
Dès la fin des années 50, de nombreux artistes ont mis en pratique de nouvelles approches de la relation au spectateur-visiteur. D’une posture égocentrée,
qui traduisait plastiquement leur sensation, ils sont passés à des propositions
de type « allocentré », où la perception du monde était alors comme donnée
en partage, selon un processus où le « soi » et l’autre se fondaient, laissant place
à l’émergence
de l’expérience en tant que telle. Il importe donc que le Laboratoire espace cerveau (Station 1) décrypte et réexamine ces démarches artistiques passées, au regard des pratiques artistiques contemporaines.
Au-delà des effets visuels de l’art optico-cinétique, les œuvres ici convoquées,
souvent tridimensionnelles, relevant davantage de procédés cybernétiques
ou psychédéliques, ont généré un nouveau rapport à l’espace par leur dimension immersive, l’introduction de la lumière et du mouvement comme matériaux premiers, suscitant également des effets d’hypnose ou de « rêve éveillé » (appareils
de Nicolas Schöffer, de Brion Gysin…). Sur un mode plus métaphysique
et à la suite de Lucio Fontana, James Turrell entreprend par ailleurs la conquête
de l’infini, postulant
la perception comme un médium en soi.
Quels sont les fondements et les caractéristiques des recherches aujourd’hui
de Micol Assaël, Olafur Eliasson, Cerith Wyn Evans, Bertrand Lamarche,
Carsten Nicolaï ou Carsten Höller… ?
Déroulement du Laboratoire espace cerveau
Si l’objectif du laboratoire est de prendre part à la réflexion sur ces bouleversements qui traversent la société toute entière, il consiste également à contribuer au développement des recherches artistiques en cours, sans certitude pour autant d’aboutissement.
Dans l’attente d’une éventuelle exposition, le Laboratoire espace cerveau se développera par étapes, en « stations », jusqu’à l’horizon 2011, sous différentes formes : journées d’études, conférences, interventions, présentations d’œuvres, constitution d’une documentation, publications, blog…
Unité d’exploration, le Laboratoire va ainsi traverser différents « champs » : neurosciences, physique et astrophysique, nanosciences, objets mathématiques
et topologie, nouvelles technologies, parapsychologie, hypnose et télépathie, chamanisme et animisme, ou encore espaces de la non-vision…
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(1) Conférence d’Alain Berthoz, « Espace et cognition », novembre 2005
(2) McLuhan en 1964, commenté par Arnauld Pierre, « L’œil multiplié », catalogue de l’exposition
« L’œil moteur. Art optique et cinétique 1950-1975 », Musée d’Art moderne et contemporain
de Strasbourg, 2005
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Delphine Peyronnet
d.peyronnet@i-art-c.org
04 78 03 47 72
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