L'Envers du décor
dimensions décoratives dans l'art du XXe siècle
du 21 mai 1999 au 31 octobre 1999
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accrochage - ambiance - blanc - couleur - décor - décoratif - dégoût - dénégation - goût - mode - tentation

L'architecture


Mère des arts, ainsi soit-il. Comment échapper à cette mère tyranniqueest la grande affaire qui préoccupe l'artiste depuis le début de ce siècle,depuis « le grand effondrement des décors » (Paulhan). Comment résister à sonappel sans être ravalé à un simple ornement, un motif décoratif. Commentconserver son intégrité, son indépendance ? « Casser le mur » en luiappliquant des peintures murales comme le proposait Léger ? [...] Ou pratiquer « ladésintégration architecturale » selon la formule de François Morellet ? D'ou lecurieux rapport qu'entretiennent l'architecture et l'oeuvre conçue in situ, qui prétend d'uncôté s'insérer de manière organique, à la manière d'unornement, se soumettant à la loi et à l'ordre architecturaux, de l'autre rompre avecce consensus décoratif pour faire entendre sa différence. Par un paradoxe familierà la logique du décoratif, plus l'oeuvre affirmerait une insertion in situ, moins ellesemblerait compromise avec le consensus décoratif dès lors qu'elle entendrait marquersimultanément sa différence. Inversement, plus l'oeuvre témoignerait dedétachement vis-à-vis de son environnement architectural - à la manièrede ces Mobiles de Calder que l'on peut indifféremment transposer de tel siège demultinationale à l'esplanade de la Défense ou dans un parc de sculpture -, plus elletrahirait sa vocation décorative, son destin de faire-valoir consensuel. Mais comment porteralors crédit au discours moderniste que « l'oeuvre décorative n'existe que par sadestination, ne s'anime qu'en vertu des relations qui s'établissent entre elles et des objetsdéterminés » alors que  »le tableau porte en soi sa raison d'être ( ... ).Essentiellement indépendant » (Gleizes et Metzinger, Du Cubisme, 1912) ? Voilà lepiège magnifique que tend l'architecture, l'espèce de dilemme : plus l'oeuvre insitu affirmerait sa dépendance vis-à-vis de l'environnement architectural, au point den'avoir sa raison d'être qu'en ce lieu et pour ce lieu, de sorte que toute tentative visantà la délocaliser la condamnerait à mort [...], plus elle accuserait sadimension décorative d'insertion organique, tout en revendiquant aussi le pouvoir de susciterdu différent, du non-consensuel, comme peuvent l'être ces oeuvres « détachables », « mobiles », fières de leur indépendance. Le décoratif est ce cercle sansfin, ce mouvement infini sur la bande de Moebius ou la position d'' indépendance »semble lemettre à distance respectable pour subitement s'inverser, faisant de cetteindépendance, de ce caractère détachable, mobile de l'oeuvre, la marque del'arraisonnement consensuel, la promesse de son allégeance décorative àl'architecture, mère des arts, ainsi soit-il.



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Expositions IAC 1999