Institut d'art contemporain
ouverture du mercredi au dimanche
de 13 heures à 18 heures.
Nocturne le mercredi jusqu'à 20 heures
Martha Rosler

Exposition monographique
du 12 février au 30 avril 1999

Vernissage
Jeudi 11 février 1999 à partir de 18h30

Cette « rétrospective » de l'œuvre de Martha Rosler sera pour beaucoup d'amateurs d'art l'occasion d'un premier contact. Cette exposition personnelle d’ampleur est une première en France.

Positions In the Life World

Le travail de l'artiste américaine est effectivement mal connu en France et les raisons mêmes de cette méconnaissance - travail politique, critique, travail sur le statut de la femme…- démontrent à elles seules la pertinence d'une telle exposition.

Positions In the Life World
les visuels de cette page sont issues de l'exposition Positions In the Life World, Installation at Ikon Gallery, 1998. © Kirkham

Martha Rosler est, à juste titre, considérée comme l'une des artistes qui ont initié le récent (trente ans…) ré-équilibrage entre hommes et femmes dans le monde de l'art et, plus profondément, dans le champ de la création plastique.

Positions In the Life WorldLes premiers travaux dénonçaient violemment l'utilisation de l'image de la femme par l'art et la publicité de l’époque (années soixante). Martha Rosler utilisait pour cela aussi bien la technique du collage-pamphlet - on peut penser à Heartfield ou Hannah Höch - que la vidéo (parmi les premières) avec une ironie qui tranchait au début des années soixante-dix sur les productions vidéo de l’époque.

Les titres des œuvres des débuts désignent les cibles de Martha Rosler : North American Waitress (1976), Beauty Knows No Pain (1966-1972), Bringing the War Home (1967-1972), The Restoration of High Culture in Chile (1978).

Positions In the Life WorldCette première charge critique s'est ensuite étendue au rôle et à l'image sociale de la femme dans la société américaine, engluée par ailleurs dans une guerre du Viêt-Nam à la fois revendiquée et refoulée.
Conduites impérialiste et coloniale à l'œuvre en Indochine, conduites identiques au sein de la cellule familiale, à la maison, au bureau, dans l'entreprise, dans la publicité, les médias ou ailleurs, machisme et sexisme en prime.

Cette Amérique là existait lourdement pour tous : racisme ordinaire, conservatisme guerrier tendance « Apocalypse Now », machisme tendance gros camion chromé ou version jeune cadre W.A.S.P. et don juanesque.
Les femmes cumulent donc les pesanteurs d'un pays conservateur, d'un pays en guerre, d'un système médiatique qui utilise la femme comme un pur objet d'attraction, et d'un milieu de l'art qui n'a jamais imaginé que la femme puisse être artiste.

Il était donc naturel que les mouvements féministes radicaux trouvent des alliées dans l'art. Les œuvres-manifestes de Martha Rosler rejoignent les travaux d'Eleanor Antin, Ida Appleborg, Adrian Piper, Carolee Schneemann, Joan Jonas, Joyce Kozloff, Nancy Spero ou Nancy Holt.

La fin des années soixante, aux États-Unis plus qu'ailleurs peut-être, ont donc été aussi celles de la revendication d'une fonction nouvelle de l'art - la fonction critique - et d'un rôle nouveau pour l'artiste et le créateur. Gordon Matta-Clark, Dan Graham, Hans Haacke, Michael Asher, sont parmi les précurseurs de ce renouveau et ce n'est pas par hasard qu'ils ont été montrés par le Nouveau Musée très largement.
Martha Rosler complète donc logiquement cette série d'expositions en même temps qu'elle participe d'une autre série consacrée, très tôt, à des artistes engagées comme Jenny Holzer ou Barbara Kruger.

Positions In the Life WorldMais que Martha Rosler ait contribué à générer plusieurs vagues d'artistes traitant des questions du statut de la femme dans la société contemporaine ne saurait la résumer valablement.
Son travail déborde en effet largement la question du féminisme ; il s’est en effet porté, plus recemment, sur l’examen de tous nos contextes vrais, et notamment sur les contextes quotidiens, urbains, et donc sociaux.
Elle porte sur tout ce qui fait notre vie au jour le jour - villes, lieux de communication, etc… - le même regard acéré qu'elle portait auparavant sur la société occidentale des années soixante.

In the Place of the Public : Airport series * (1983-1994) met l'accent sur les aspects impersonnels des aéroports et sur les processus de surveillance ; Rights of Passage (1994) s'intéresse à la rue, à la route, à la ville, à leur univers graphique aussi bien qu'à leur système de contraintes ; Global Taste : A Meal in Three Courses (1985) évoque la mondialisation du consumérisme comme forme nouvelle d'un impérialisme moins voyant, mais peut-être plus efficace, c’est déjà la globalisation culturelle en tant que processus de normalisation qui est ici interrogée.


Jean Louis Maubant

Collaboration Ikon Gallery (Birmingham)

Web site : Martha Rosler - [traduction automatique]

Interview whith Martha Rosler - [Deutsch]
online catalogue  - Electronic arts intermix



Institut d'art contemporain
ouverture du mercredi au dimanche de 13 heures à 18 heures.Nocturne le mercredi jusqu'à 20 heures

Entrée : plein tarif 20 F / 3 Euro
Visites commentées samedi et dimanche à 15h30
Tarif entrée comprise : plein tarif 30 F / 4,60 Euro
tarif réduit 20 F / 3 Euro
Visites de groupes sur rendez-vous : 250 F / 38 Euro
Conférence : pleins tarif 30 F / 4,60 Euro



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