Exposition d'art contemporain en Ardèche
Œuvres de la Collection Rhône-Alpes en Ardèche

Nature Humaine

Exposition du 20 septembre au 21 octobre 2006 à Privas
Vernissage le mardi 19 septembre 2006 à 18h30

Exposition du 23 septembre au 21 octobre 2006 à Annonay
Vernissage le vendredi 22 septembre 2006 à 18h30


Le Département de l’Ardèche a souhaité développer un volet de sa politique en faveur des arts plastiques sur l’articulation entre la création contemporaine et le patrimoine naturel et culturel de l’Ardèche, notamment ses paysages. Dans ce cadre, l’Institut d’art contemporain (Villeurbanne) présente une sélection d’œuvres de la Collection Rhône-Alpes qui témoigne de la diversité de l’approche thématique « Art et Nature ». C’est ainsi que se poursuit le partenariat engagé depuis plusieurs années entre le Département de l’Ardèche et l’Institut d’art contemporain.

Répartie sur deux sites, à Privas et Annonay, l’exposition réunit des œuvres de quatorze artistes d’horizons différents tant dans leur démarche que par le mode d’expression pratiqué. Toutes ont une relation directe à la nature, qu’elle soit inexploitée ou investie par l’homme. Comment les artistes contemporains s’emparent-ils de la nature ? Comment la considèrent-ils ? Quelle restitution en proposent-ils ? C’est en écho à ces interrogations qu’un choix d’œuvres a été réalisé au sein de la Collection Rhône-Alpes, relevant d’une cohabitation ou d’un dialogue Art & Nature.

Le parcours de l’exposition présentée à Privas débute par une installation photographique d’Alain Bernardini. Soixante images et huit petites histoires racontent la vie d’un parc public de la région parisienne : du ramassage des feuilles mortes à la taille des haies, en passant par les portraits des gardes urbains ou les chiens qui baguenaudent… Se dresse ainsi un inventaire quasi obsessionnel de la vie qui fourmille dans un espace vert.

Puis le visiteur pénètre dans La clairière de Xavier Veilhan, constituée de vingt panneaux photographiques assemblés en un espace d’exposition circulaire. Il découvre alors un paysage verdoyant habité par des personnages et objets à échelle 1/1 : cow-boys, corbillard, squelette, singes…  Happé tout à la fois par l’artifice pictural du décor et par l’allégorie de la scène, le spectateur est sollicité dans son rapport à l’origine et à l’évolution des espèces.

Dans un registre plutôt traditionnel et « romantique » de l’image photographique, les deux  tirages cibachromes Paysage de Knut Maron sont le résultat d’une observation distante des lieux habités par l’homme. La présence humaine est comme estompée, pour laisser place au ciel et à la végétation que l’artiste semble peindre plutôt que photographier.

L’installation Angelis Fissae (Fesses d’anges) de Frédéric Meynier se présente sous la forme d’un treillage en corde auquel sont suspendus des moulages colorés de paires de pieds d’enfants ponctués de petites plumes colorées. Dans une esthétique fragmentée du corps, l’artiste crée une sorte de paysage symbolique qui puise dans les Vanités de l’histoire de l’art et se souvient du monde de l’enfance, entre innocence et cruauté.

Une autre part de l’enfance ressurgit avec Le rêve des châteaux de sable, dix estampes de Marie  Bourget inspirées par les matériaux mêmes du procédé lithographique (sable et eau servant au grainage de la pierre) et caractéristiques de la représentation stylisée de la nature dans le travail de cette artiste. Ainsi a-t-elle gravé pour l’éternité les dessins fugaces que l’on peut faire avec le doigt dans le sable, avant que l’eau n’emporte les châteaux…

A contrario d’une imagerie sublimée, le film vidéo d’Ayse Erkmen, Scenic Overlook, fait défiler des vues de paysages stéréotypés extraits d’un catalogue à destination des publicitaires et fait apparaître la vacuité de ce type de clichés, leur caractère interchangeable, leur fonction « désirable » poussée au paroxysme : des ventes de rêves « prêt-à-porter ».

Le visiteur est ensuite invité à « se mesurer » à La forêt qui court (Dialogues) de Basserode, constituée de cinq mannequins dont le corps en bois se prolonge par un feuillage artificiel. Loin du discours conventionnel sur l’opposition entre nature et culture, l’artiste reconstruit un langage poétique de la métamorphose et imagine des figures hybrides, mi-humaines, mi-végétales, pour une autre approche du vivant.

Les sept photographies en noir et blanc de Minot & Gormezano, quant à elles, relèvent avant tout d’un processus d’imitation de la nature. Le travail de ce duo d’artistes, acteur et photographe, procède d’une expérience photographique en paysage montagneux où l’homme modèle son corps et ses positions de manière à se confondre avec la terre et la roche.

Enfin, la peinture en triptyque Coulisses (Wing) d’Elmar Trenkwalder se caractérise par une composition rigoureusement symétrique, une distribution homogène de la lumière et un traitement décoratif des formes. Elle arrive ainsi à transformer l’image d’un sous-bois en une vision onirique et sacralisée de personnages-troncs d’arbres.

C’est une autre Clairière qui accueille le regard du visiteur dans l’exposition présentée à Annonay. Pour cette œuvre en verre gravé, Thierry Mouillé a utilisé l’empreinte d’une image de mannequin en guêpière, dont il n’a gardé que la forme générale, le corps même de la femme ayant été remplacé par des gouttes de résine de pin. Une nouvelle chair transparaît, née de la fusion de l’image organique à l’évocation sylvestre.

Au mur, est présentée l’installation photographique de Paul-Armand Gette, Les alluvions du Rhône à Lyon, constituée de seize panneaux. Toujours désireux d’investir un champ réservé aux scientifiques, l’artiste invité à Lyon en 1980 dans la manifestation Le lieu-contexte, paysage, topographie, a travaillé sur le territoire nord-est de Lyon. Il en reste seize études qui donnent un nouveau statut au relevé scientifique tout en appelant une attention esthétique, voire poétique, à porter sur ces paysages en lisières.

C’est bien à une poésie pure, celle de l’intériorité de son atelier, que nous invite Danièle Orcier. Dessin à la mine de plomb, L’éloge de l’ombre explore et traduit les observations de l’artiste autant que ses émotions envers la nature. Sensible à la dualité de la nature, tantôt ordonnée par l’homme tantôt laissée à l’état sauvage, Danièle Orcier œuvre à son respect, indissociable du respect de l’homme lui-même.

Une fois encore attentif à l’artificialité des formes, Xavier Veilhan s’inspire directement, dans la peinture Sans titre, d’une photographie qu’il a prise dans le Parc des Buttes-Chaumont et qui nous renvoie à une nature organisée par et pour l’homme.

Cette promenade bien particulière se termine avec l’œuvre Arrangement d’Ange Leccia : rétroprojection d’une vague de méditerranée sur le fond-écran d’une vitrine. Le flux et le reflux des vagues y sont présentés en boucle. Ce simple meuble de bureau (sur roulettes) au départ, devient caisse de résonance et puissante boîte à rêves, au même titre que la magie cinématographique, souvent présente dans les installations de l’artiste.


Galerie d’exposition du Théâtre de Privas
Rue de la Recluse, Privas/Ardèche
Ouverture du mercredi au samedi de 15 h à 18 h
et les jours de spectacle avant et après les représentations
Visites commentées par Valérie Rambaud
le 27 septembre et le 13 octobre de 12h15 à 13h15
Contact : Audrey Amarguellah au 04 75 64 62 00

Groupe d’Art Contemporain, Annonay (GAC)
1 boulevard de la République, Annonay/Ardèche
Ouverture du vendredi au dimanche de 15h à 19h
et sur rendez-vous pour les scolaires
Contact : Marina Carcel au 06 70 35 72 49



Cette exposition est initiée par le Conseil général de l’Ardèche, dans le cadre de sa politique départementale de diffusion et de sensibilisation en faveur des arts plastiques. Elle est organisée par l'Institut d'art contemporain, en collaboration avec le Théâtre de Privas et le GAC d'Annonay. Cette exposition bénéficie du concours de la Délégation Académique à l’Action Culturelle du Rectorat de Grenoble, du Cddp de l’Ardèche, de l'Inspection Académique de l'Ardèche et de l'École régionale des beaux-arts de Valence. La performance vocale présentée à Félines est coproduite par le GAC et Quelque p’Arts... le SOAR-Scène Rhône-Alpes