Rita McBride

Croissance Générale / General Growth

Exposition du jeudi 19 septembre 2002 au dimanche 12 janvier 2003
Villeurbanne - Lyon

 


La pratique de la sculpture de Rita McBride (1960, Des Moines, Iowa, États-Unis) est probablement un des meilleurs exemples des croisements et perméabilités possibles entre différentes disciplines artistiques, en l’occurrence, la sculpture, l’architecture et le design.Fondées sur l’expérience de l’espace et des objets du quotidien, les sculptures de Rita McBride se proposent comme autant de réflexions sur la place du visible et du non-visible. Pour cela, l’artiste associe des éléments relevant d’une approche post-minimaliste - dans l’utilisation spécifique du site, par exemple - à des éléments issus d’une pratique plus contemporaine. Son rapport avec les logiques du modernisme est marqué, comme l’écrit Jean-Marc Huitorel, par une « volonté de léger déport des fonctionnalités, une confusion affichée entre la connotation précieuse et artistique du matériau et le souvenir d’une possible fonction ».

L’exposition réunit une vingtaine d’œuvres de 1990 à aujourd’hui, des sculptures autonomes aux interventions basées sur des altérations spatiales – telles que l’installation in situ : National Chain (1997-2002). Ces œuvres « servent [à l’artiste] à analyser les liens entre les espaces architecturaux “servants” et “servis”. Les espaces sombres et lumineux d’un bâtiment : le sombre est le domaine des machines et des ingénieurs qui les servent et les conçoivent ; le lumineux est le domaine des problèmes d’esthétique formelle, des architectes, des artistes et de leurs clients » (Sugitra Gantner dans le livre de l’exposition).

L’artiste a choisi de présenter dans la première salle une installation clé de son travail, Blacksliding, Sideslipping, One Great Leap and the “forbidden” (1994-2002), avec laquelle elle réexamine et discute la notion de « machine à habiter » de Le Corbusier en la juxtaposant à l’espace blanc du musée. Ainsi, la disposition de l’œuvre renvoie à la restructuration des espaces de l’IAC – une école transformée en centre d’art -, restructuration qui, par exemple dans le pavillon d’entrée, a conduit à l’amalgame de la forme traditionnelle de la maison et du « rideau de verre » moderniste.

L’exposition se déploie dans un parcours où alternent sculptures d’icônes technologiques - Toyota (1990), Machines (2001), Two Towers (1990), Space Frame (1997)-, supports logistiques de l’espace urbain - Parking Garages (2001), White Elephant (1999), Glass Conduits (1999), Skylights (1998), Awnings (2001)- et mises en scène du regard - Arena Seating (1999), Gentle Steps (1999), Piggybackback (1996-97).
Cette première exposition personnelle de McBride en France donne à découvrir une œuvre très tactile qui combine aspect contemporain, ludique et pop et esthétique du fait main et du virtuose. L’emploi des technologies les plus récentes comme des matériaux anciens et précieux génère variété et « insaisissabilité » des formes et des substances, d’où naît le plaisir procuré par l’œuvre.

Publication :

Rita McBride : Croissance générale / General Growth


livre publié dans le cadre de l’exposition : textes de Jean-Marc Huitorel et Sugitra Gantner, bilingue français-anglais, 72 pages, format 30 x 23 cm, 93 ill. en noir, bio-bibliographie, prix : 20 €.