| Description de lexposition Le préambule est constitué dune série photographique de portraits réalisés après les séances dinterview où les propriétaires tiennent en main la pièce à conviction autour de laquelle toute cette étude de cas sest articulée. Deux écrans présenteront des films reconstruisant le trajet de Manzoni et de son uvre Merda dartista : on y verra les lieux où il a travaillé, les personnes qui lont accompagné dans son projet ainsi que des plongées à lintérieur des collections lenvironnement quotidien ou le contexte dans lesquels on peut aujourdhui rencontrer luvre : musée, maison privée, bureau, etc. Il s'agit de montrer comment ces objets provocateurs mais peu spectaculaires existent et interagissent avec leur milieu. Une deuxième partie de l'exposition met en scène le projet initial de Piero Manzoni, en exposant quatre exemplaires de Merda dartista, chacune portant les étiquettes des quatre langues utilisées par Manzoni pour décrire son contenu lallemand : Künstlerscheisse, langlais : Artists Shit, le français : Merde dartiste, litalien : Merda dartista. En vis-à-vis, seront inscrites, dans les quatre langues des entretiens (les mêmes que celles des étiquettes apposées sur les boîtes), les quatre questions que Bernard Bazile a posées aux propriétaires pendant les interviews. Linstallation centrale s'étend dans quatre salles et est organisée comme une galerie de portraits parlants. Il sagit de la projection sur 16 écrans des séquences des films des interviews des collectionneurs et des propriétaires de l'uvre dans différents pays du monde. Les interviews sont montées en série selon les différentes langues des interlocuteurs, elles sont projetées comme des portraits en buste et sous-titrées pour que lexposition puisse être compréhensible par tous. Pour cette installation, Bernard Bazile a mené quelque soixante interviews avec des directeurs de musées, des membres de la famille Manzoni, des amis artistes, des critiques dart amis de Manzoni, des professeurs d'histoire de lart, des collectionneurs privés aux quatre coins de la terre, tous propriétaires d'une Merda dartista. Ils racontent lhistoire de leur acquisition et expliquent les raisons pour lesquelles ils ont acquis l'uvre et donnent leur évaluation de la qualité artistique du geste de Manzoni. Evidemment, leurs récits mentionnent aussi l'effet produit par la simple présence dun tel objet auprès des membres de leur famille, de leurs amis ou de leurs connaissances. Au croisement de lhistoire personnelle et de lhistoire collective, ces récits autorisent un regard sociologique sur les motifs et les mécanismes du collectionnisme et sur lart comme construction institutionnelle. |