BERNARD BAZILE

Une mesure pour tous


IAC – Institut d’Art Contemporain/FRAC Rh
ône-alpes, Villeurbanne
28 janvier- 18 avril 2004

Bernard Bazile est un artiste français inclassable. Il s’intéresse depuis plusieurs années à un des symboles de l’avant-garde radicale et à sa trajectoire dans l’histoire et le milieu de l’art depuis sa création : les fameuses boîtes Merda d’artista de l’artiste italien Piero Manzoni. Bazile considère en effet que cette œuvre a depuis 1961, date de sa création, bouleversé et modifié tous les critères de valeur en vigueur dans l’art contemporain. Cette nouvelle œuvre de Bernard Bazile, observation analytique à la fois ludique et provocante, est fondée sur des ensembles de documents-entretiens où les propriétaires s’expriment directement sur l’exemplaire de l’œuvre qu’ils possèdent.

Cette nouvelle exposition personnelle de grande ampleur, après celle, très remarquée, organisée par le Centre Georges Pompidou en 1993 (It’s OK to say no !), traduit toute la vitalité de la réflexion de l’artiste sur la société et ses signes. Elle est issue d’une commande passée par l’IAC pour la production d’une exposition destinée à devenir ensuite une œuvre de la collection IAC FRAC Rhône-Alpes. Depuis près de trois ans, Bernard Bazile travaille à la réalisation d’une série de films-documents. Il s’agit d’une véritable plongée dans l’univers du collectionnisme à travers des rencontres et des entretiens avec les propriétaires actuels de Merda d’artista, véritable icône de l’avant-garde radicale. Bernard Bazile a mené plus de soixante entretiens, invitant les propriétaires privés et publics à parler de leur œuvre dans l’environnement de leurs collections, et il les a tous filmés tenant la pièce à conviction en main. Tous ces reportages-documents constituent, pour une durée totale d’environ 11 heures, une fascinante étude de cas de l’histoire de la production et de la réception de cette œuvre tellement singulière qu’est Merda d’artista, mais aussi un questionnement, plutôt rare, sur les différences entre les valeurs artistiques et les valeurs économiques.
L’installation se compose de 16 projections de portraits individuels et de deux projections annexes de documents faisant référence au contexte de la création ou de possession de l’œuvre. Bernard Bazile y examine, sous tous ses aspects, la question de l’importance de cet « objet », à la fois anodin et provocateur, pour la perception et l’évaluation de tout acte créatif depuis son avènement mouvementé. La parole diversifiée des collectionneurs représente en quelque sorte un bilan du rapport de la société avec ses artistes radicaux et, au-delà, avec l’avant-garde, et avec l’histoire des transgressions de tabous, d’interdits et de normes mis en actes par l’art, enfin, tout ce qui constitue le système.

Une production de l’IAC – Institut d’art contemporain / Collection Frac Rhône-Alpes.
Après Villeurbanne, l’exposition sera montrée au ZKM – Zentrum für Kunst und Medientechnologie de Karlsruhe (D) du 13 mai au 8 août 2004.

 

Les films ont été réalisés grâce au soutien et à la collaboration de :

Germana Agnetti, Giuseppe Alemani, Arman, Walter Baldi, Freddy Battino, Bruno Bischofberger, René Block, Cesare Caini, Angelo e Silvia Calmarini, Andrea Caratsh, Sergio Casoli, Germano Celant, Attilio Codognato, Gianni Colombo, Roberto Colombo, Paolo Consolandi, Roberto Corbetta, Luigi Crippa, Dadamaino, Birgit Damgaard, Lars Damgaard, Sergio Dangelo, Anna D’Ascanio, Sergio D’Asnasch, Primo De Donno, Peppino Di Bernardo, Mathias Fels, Piero Fedeli, Marina Fossati, Elena Geuna, Libero Grande, Karsten Greve, Lucius Grisebach, Flaminio Gualdoni, Pierre Huber, Edda et Werner Hund, John Hunov, Henning Lautsen, Jeremy Lewison, Giuliano Lucas, Luigi Lucchetti, Gianni Manzo, Giuseppe Manzoni di Chiosca, Claudio Marinelli, Giuseppe Marucco, Massimo Minini, Danielle et François Morellet, Alfred Pacquement, Roger Pailhas, Luca Palazzoli, Birgit Pedersen, Henk Peeters, Carla Piscitelli, Flavio Piras, Robert Rademacher, Bernard Rancillac, Giovanni Ricci, Luigi Rimaldi, Donato Rosa, Luca Scacchi Gracco, Cecilia Scatturin, Arturo Schwarz, Didier Semin, Lila et Gilbert Silverman, Ippolito Simonis, Eva Sorensen, Bruna Soletti, Daniel Spoerri, Peter Sullivan, Finn Therman, Jens Jorgen Thorsen, Talia et Serge Vandercam, Nanda Vigo, Gerda Wendermann, Giuseppe Zechillo ;

Fondazione Antonio e Carmela Calderara, Galleria Blu, Herning Kunstmuseum, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, Neues Museum Nürnberg, Neues Museum Weimar, Randers Museum, Tate Gallery London ;

Et plus particulièrement de :
Archivio Opera Piero Manzoni : Elena Manzoni di Chiosca, Rosalia et Pippa Pasqualino di Marineo ;

Et de :
Archivio Opera Piero Manzoni, Les Poissons Volants (Paris), Grégory Mathieu, Sébastien Cochin, Jean-Marc Dardahlon, Nicolas Milteau, Sophie Goupil, YN Productions (Lyon), Hugues Peyret, Philippe Suner, Tresi Murphy, Gérard Delsol, Marc Partouche, Centre national du cinéma, Joël Benzakin, Librairie A Balzac A Rodin (Paris)