Avant-propos Jean-Louis Maubant
Ce cahier de textes et d'images se voudrait au fond une mémoiredouble, celle d'une exposition qui a circulé de Villeurbanneà Vienne en passant par Munich et Lisbonne et celle d'une tentative,modeste, d'examiner concrètement les rapports entre arts plastiqueset architecture du point de vue du questionnement esthétique. Mais,à tout prendre, ce petit cahier fait plus, il portetémoignage, simplement, éloquemment, des activitésd'un centre d'art, le Nouveau Musée/Institut, et de celles d'unFonds régional d'art contemporain, celui de la RégionCentre. L'exposition a connu un vrai succès, un succèsrévélateur, de ceux qui se mesurent en termes derésonance intellectuelle dans les milieux les plus divers. Uneexposition pleine d'enseignements aussi, sur la ou les manières decollectionner l'architecture, et, à ce titre, la pertinence d'actiondu Frac Centre n'a pas d'équivalent français, surl'appétit du public pour J'architecture de création, sur lespasserelles linguistiques -dialogues et méprises confondus- entrel'art d'aujourd'hui et la recherche architecturale, sur ladifficulté et la formidable richesse du débat entre artisteset architectes... L' exposition montrait clairement le souci deplusieurs générations successives d'artistes d'interrogersérieusement la ville construite et de disséquer au moyen del'oeuvre d'art ce qu'elle dit politiquement; elle disait en regard leprofond désir des architectes d'échapper aux seulescontraintes de la productivité ou des commandes et de conserverainsi le pouvoir de créer et, mieux, de produire dans le cadre d'unenouvelle historicité assumée, revendiquée. On estloin, on le voit, des cynismes réunis des années 80 en art etdes « postmodernités apolitiques » en architecture, quiont fait long feu - et qui, du reste, n'apparaissent plus guèrequ'en France au fil de ces vieux débats récurrents quimêlent précieux ridicules et néo-pétainisme. Desdébats ont accompagné l'exposition, à Villeurbannecomme à Munich, Lisbonne et Vienne, qui ont fait dialoguer DanielLibeskind et Claude Parent, Daniel Buren et Jeroen Thomas, AmâncioGuedes et Leonel Moura, Odile Decq et François Morellet, Hani Rashidet Daniel Libeskind. D'un mot, mais très sincèrement ettrès chaleureusement, je tiens à remercier les artistes etles architectes ainsi que mes collègues et amis Marie-Ange Brayer,Dirk Snauwaert, Margarida Veiga et Leonel Moura, Qerald Matt et ChristianSteiner, sans oublier Frédéric Migayrou -sonérudition, son dévouement, sa passion - qui a soutenu ceprojet dès ses prémices.
Jean-Louis Maubant |